En cette période électorale, la recevabilité des candidatures constitue un enjeu démocratique fondamental. Au Cameroun, l’organe chargé de l’organisation et de la supervision des élections, Elections Cameroon (ELECAM), a en date du 26 juillet 2025, publié la liste des 13 candidats retenus pour la présidentielle du 12 octobre 2025. À la lecture de la résolution portant acceptation des 13 candidats, le constat était que 70 candidatures ont été rejetées. Dans ce contexte, les candidats qui ont été évincés disposent d’un droit fondamental, celui d’introduire un recours juridictionnel afin de contester la décision de rejet.

I. Le cadre juridique du rejet des candidatures par ELECAM
L’article 10 du Code électoral camerounais attribue au Conseil électoral la compétence d’examiner les dossiers de candidature et d’arrêter la liste définitive des candidats.
Conformément aux dispositions de l’article 125 du même Code, le Conseil électoral peut soit valider une candidature, soit la déclarer irrecevable. L’alinéa 3 dudit article prévoit que toute décision de rejet ou de publication des candidatures peut faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel.
Le rejet d’une candidature repose principalement sur l’inéligibilité du postulant, laquelle peut résulter, notamment, de l’absence de pièces exigées, du dépôt tardif du dossier ou de l’absence de justification du paiement de la caution légale.
La décision de rejet, dûment motivée, est notifiée au candidat concerné par le Directeur Général des Élections. Une copie de cette décision est immédiatement transmise au Conseil constitutionnel, seule juridiction compétente pour connaître du contentieux en la matière.
II. Les voies de recours ouvertes au candidat évincé
Conformément aux dispositions de l’article 129 du Code électoral camerounais, toute contestation ou réclamation relative à l’acceptation ou au rejet d’une candidature peut être portée devant le Conseil constitutionnel par tout candidat concerné.
Ces recours sont introduits par simple requête, dans un délai de deux (02) jours à compter de la notification de la décision contestée.
Le Conseil constitutionnel, une fois saisi, statue dans un délai maximal de dix (10) jours suivant le dépôt de la requête.
Le recours ainsi formé produit un effet suspensif : le Conseil constitutionnel peut, le cas échéant, ordonner l’inscription d’un candidat indûment écarté. Il exerce à cet effet un contrôle de légalité, tant sur la régularité formelle du dossier de candidature que sur la conformité de la décision du Conseil électoral aux normes applicables. Le juge électoral assure ainsi la sauvegarde de l’équité et de la transparence du processus électoral.
Conclusion
Le recours juridictionnel contre le rejet des candidatures par ELECAM est une garantie essentielle du droit à la participation politique. Il permet de soumettre les décisions de l’organe électoral au contrôle du juge, dans une perspective de légalité, d’équité et de transparence du processus électoral. Toutefois, l’effectivité de ce recours dépend fortement de la diligence des juridictions, de l’indépendance du juge et du respect scrupuleux des délais par les candidats. À la veille des élections générales prévues en octobre 2025, la vigilance juridique s’impose afin que nul ne soit injustement privé de son droit fondamental à concourir à la direction des affaires publiques.
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