LA PROBLEMATIQUE DE LA DOUBLE INVESTITURE A L’ELECTION PRESIDENTIELLE 2025 : CAS DE MAURICE KAMTO ET LEON THELER ONANA

Après une longue attente, nous voici de plein pied en période électorale. Avec la convocation du corps électoral la date des élections est fixée au 12 octobre 2025.

Cette phase décisive dans le processus électoral met un terme aux inscriptions sur les listes électorales pour la préparation des élections proprement dites. Le temps imparti tant aux différents candidats qu’aux partis politiques pour déposer leurs dossiers de candidatures à la Direction Générale Elections Cameroon (ELECAM) et ses démembrements est achevée. Samedi 26 juillet 2025, le Conseil Electoral a publié la liste de candidatures. Sur 83 dossiers déposés à Elections Cameroon (ELECAM), 13 ont été retenus. Cette récente publication suscite des tensions au sein de l’opinion publique.

Les dessous de ce climat tendu sont connus à savoir le rejet des candidatures du MANIDEM (Professeur Maurice KAMTO) ainsi que celle de Léon Theiler ONANA (Conseiller Municipal RDPC à la Commune de Monatélé)

                Si les motifs de rejet de la candidature du Professeur Maurice KAMTO ont été relevés par le Conseil Electoral, tel n’est pas le cas de Léon Theiler ONANA.

                Sur le cas du Professeur Maurice KAMTO, le Conseil a relevé la double investiture, se fondant sur les dispositions de l’article 125 du code électoral alinéa 1 qui dispose que le conseil électoral peut accepter ou déclarer irrecevable une candidature. Cette situation est la résultante du dépôt d’une deuxième candidature par Monsieur YEBGA Dieudonné assimilé à un candidat du MANIDEM.

                La double candidature qui n’est pas traitée dans le code électoral suppose que deux candidatures ont été délivrées par une même autorité ayant compétence.

                Le code électoral susdit en ses articles 120, 121 et 122 chapitre III intitulé « DECLARATION DE CANDIDATURE » prévoit parmi les pièces du dossier, la lettre de présentation d’investiture du parti cautionnant la candidature du postulant.

                De manière globale, les conditions d’investiture dépendent d’un parti à un autre. Pour le cas du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), il ressort des statuts de cette formation politique que seul le Président a la capacité d’investir.

Le MINATD entant qu’acteur important du processus électoral qui assure la tutelle des partis politiques centralise par conséquent la mise à jour des informations qui concernent la vie des partis politiques au Cameroun.

D’ailleurs, une décision du MINATD de juin 2018 reconnait Anicet EKANE le Président actuel du MANIDEM et par conséquent organe compétent pour investir un candidat.

Cette situation est d’autant plus surprenante dans la mesure où c’est le Président EKANE Anicet qui lors des élections municipales de 2020 avait signé la lettre d’investiture de l’unique candidat du MANIDEM au sein de la commune de Dibombari.

Le conseil Electoral devrait donc en notre sens, se fonder sur cet état de fait pour trancher cette situation.

Ainsi, le rejet de la candidature du Professeur Maurice KAMTO candidat du MANIDEM par Conseil Electoral nous paraît léger juridiquement ce d’autant plus que cette dernière aurait dû se fonder sur la qualité de sieur EKANE Anicet actuel Président du MANIDEM seule habilitée à délivrer la lettre d’investiture pour régler cette question et valider la candidature du Professeur KAMTO qui remplit les conditions légales exigées.  

                Le cas de Léon Theiler ONANA deuxième candidat du RDPC nous semble discutable au regard des dispositions des statuts du Rassemblement Démocratique du peuple camerounais (RDPC) en son article 27 alinéa 4-2 qui fait du Président National, candidat du parti à l’élection présidentielle. Le dossier de candidature de Léon Theller ONANA serait dépourvue dépourvu de la lettre d’investiture au regard des dispositions statutaire de son parti.

                La démarche de Theller ONANA consiste à dénier aux organes compétents de son parti à savoir le Comité Central et le Bureau Politique la qualité d’investir le candidat actuel du RDPC Paul BIYA. En l’absence d’une décision des instances judiciaires qui lui donne gain de cause, le Conseil Electoral n’avait pas autre choix que de rejeter sa candidature.

                Dans les deux cas, l’instance compétente à connaître du précontentieux électoral devra dire le droit dans les prochains jours.          

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